Organic Africa à BioFach 2010

Auteur: Kai Kreuzer

C'est la troisième fois cette année que l'Afrique était représentée avec son propre pavillon à Biofach; le catalogue de l'exposition signalait 76 exposants venus de 17 pays. L'exposition s'est étendue sur 440 m² dans le hall 4. Lors du Symposium du 19.2.2010, les participants ont pu s'informer à travers une vingtaine de conférences, sur l'état de l'agriculture écologique et la commercialisation des produits en Afrique. A ce même Symposium fut également présenté «Le Guide des entreprises bio », récemment publié. Une petite fête, accompagnée d'une musique afro-caribéenne, a accueilli bon nombre de visiteurs le jeudi soir (Photo : Stand d'info d'Organic Africa : Patricia Wangong'u de l'IFOAM Kenya à droite).

 

Au programme du Symposium, il y a eu des présentations fort intéressantes mais malheureusement le nombre de participants a laissé quelque peu à désirer. Normalement il aurait dû y en avoir entre 30 et 50 en moyenne. Le Pavillon Organic Africa a été organisé par une société néerlandaise Agro Eco Louis Bolk Institut et Hivos ainsi que Grolink, une société conseil suédoise.

Dès l'ouverture de l'exposition Organic Africa à Biofach 2010, Corinne Ingels de « Mountain of the Moon » (photo) a obtenu le prix de la meilleure présentation d'un stand. Cela fait des années qu'elle participe régulièrement au salon, et cette fois-ci à côté de son produit principal qui est la vanille, elle avait aussi du chocolat, Grandu Cru composé de 82 % de cacao, fabriqué par Blanxart en Espagne. La jeune entreprise fait venir les matières premières, cacao, gousses de vanille et piment rouge de l'Ouganda, à la frontière de la RDC (République Démocratique du Congo). Moutain of the Moon fait du commerce équitable avec 1000 petits producteurs et leur permet de survivre dans une région politiquement instable. 
 
Marg Leijdens de Agromisa, s'est attachée à présenter les perspectives de commercialisation des produits bio en Afrique. Réunir les forces synergiques locales, régionales et celles des entreprises spécialisées dans l'export, fut le sujet dévolu à Charity Namuwoza de la coopérative Nogamu en Ouganda. Su Kahumbu (sur la photo à droite) dans une présentation très animée, a fait part de son expérience dans le domaine de l'ouverture de magasins bio, de l'approvisionnement de produits biologiques, notamment les espaces bio dans les supermarchés. Sa présentation bien documentée et bien illustrée peut être consultée sur internet au format Powerpoint.

Avec sa société Green Dreams (Rêves Verts), elle est dans le commerce de gros et de détail depuis plusieurs années, gère à l'heure actuelle un magasin de produits biologiques, et approvisionne quatre supermarchés. S. Kahumbu décrit avec exactitude comment après bien des hauts et des bas, les producteurs et les commerçants bio se heurtent aux problèmes lorsqu'il s'agit de mettre en place un système de distribution efficace des produits. Elle demande clairement plus de soutien de la part d'entreprises privées et publiques afin que plus de jeunes et de jeunes adultes puissent aussi se lancer dans le bio. Ses expériences à elle ont été marquées jusqu'à là par des problèmes de paiement de la part des chaînes de supermarchés, des problèmes de transport, et de goulots d'étranglement dans l'approvisionnement de la part des agriculteurs.

Les problèmes et les difficultés rencontrés du point de vue des exportations hors d'Afrique, ont été présentées par Anne Oudes de l'Institut Agro Eco Louis Bolk des Pays-Bas. L'activité au jour d'aujourd'hui d'un marchand de matières premières a été présentée par Eva Mbanona (photo de gauche), de ESCO Kivu du Congo. Esco Kivu  aimerait mettre sur pied d'ici avril 2011, un service conseil en agriculture biologique pour les 12.000 producteurs en RDC. Il y a à l'heure actuelle 4300 agriculteurs biologiques qui sont contrôlés par IMO, quelques 8000 autres sont en cours de reconversion ou intéressés par une reconversion.

L'accès aux rayons des supermarchés est pour les petites entreprises particulièrement difficile dans la mesure où elles n'ont pas les bons interlocuteurs, ou qu'il leur manque bien souvent une présentation au niveau emballage qui soit adéquate. Comment surmonter les difficultés, a été le sujet de la présentation de Eva Mattsson de Grolink et de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement). La question de la transformation de l'alimentation biologique à destination de la population locale comme pour le marché à l'export vers la Tanzanie, a été abordée par Cleopa Ayo de Golden Food Products. (Photo de droite : stand du Rwanda avec des bananes séchées, de l'huile au piment rouge et des produits frais).

Edit Tuboly de Hivos a présenté les différentes organisations professionnelles d'agriculteurs bio. Alexander Kasterine du International Trade Center, ITC dont le siège est à Genève, s'est consacré au sujet brûlant du Symposium sur l'Afrique « L'agriculture biologique et le marché des droits d'émission ». Jordi Rotllan a présenté les activités du CDE (Centre de l'Union Européenne pour le Développement de l'Entreprise).

Bo van Elzakker (photo), force motrice à l'Institut Agro Eco Louis Bolk a présenté le nouveau guide « Le guide des entreprises biologiques: comment développer des valeurs durables avec de petits exploitants ». Le guide coûte 10 euros et peut être commandé en version papier sur le site internet de l' IFOAM ou peut être télé déchargé gratuitement. Il porte sur les cultures biologiques pour les petits exploitants dans les pays en voie de développement et donne beaucoup de conseils et d'exemples pratiques dans le domaine alimentaire, et non alimentaire comme par exemple la culture du coton biologique. Y figurent aussi bon nombre d'adresses d'organisations d'aide aux pays en voie de développement et d'entreprises commerciales.

Pour ce qui est du rôle de l'État dans la lutte contre la faim et la malnutrition, ainsi que les questions de changement climatique, c'est le Ministre de l'Agriculture de l'Ouganda, Henry Bagiire, qui est intervenu. La culture durable du cacao a été abordée par Theresa Adomako, DCE; la collaboration entre partenaires privés et publics par Sophia Twarog de la CNUCED. Steven De Craen a quant à lui, présenté le Centre du Commerce pour le Développement .
 

Moses Muwanga (Ouganda) membre du conseil mondial de l'IFOAM, tout comme Markus Arbenz (Suisse) nouveau directeur commercial de l'IFOAM ont voulu montrer de leur côté que l'agriculture biologique avait un rôle important à jouer et pouvait être en grande partie, une solution à la problématique du changement climatique. Ils ont montré sur quelles hypothèses et sur quelles mesures pratiques il fallait s'appuyer, pour faire avancer la cause des solutions passant par la bio et forcer leur application.

Une joyeuse agitation régnait sur les stands d'Organic Africa. Les stands joliment présentés sur lesquels on pouvait trouver beaucoup de produits d'Afrique comme de l'ananas, des bananes, de la vanille, du café, du cacao, ou du coton, offraient au regard des visiteurs de quoi s'arrêter, l'envie de grignoter, ou de s'informer. Parmi tous ceux-ci il n'y a bien entendu qu'un petit nombre d'importateurs ou de grossistes réellement intéressés par la perspective d'acheter.

Tropical Wholefoods (photo de gauche) est une société qui travaille avec Fullwell Mill, producteur de produits biologiques. Tropical Wholefoods fabrique de délicieuses mangues et ananas séchés, des abricots séchés, des bananes séchées, ainsi que des noix et des graines. Les mangues issues du commerce équitable, proviennent du Burkina Faso, les bananes et ananas séchés d'Ouganda, les abricots, les noix et les amandes du Pakistan.

Jali Organic , une entreprise ougandaise présente pour la troisième fois à Biofach, produit aussi à partir de cultures biologiques, des ananas, des mangues, de la pomme jacque, des fruits secs; 37 exploitants agricoles qui pour la plupart vivent et travaillent sur l'île de Bussi, une île sur le lac Victoria, cultivent 125 hectares de terres. Jali Organic a été créée et mise sur pied par Moses Muwanga. Les fruits secs ont obtenu en 2008 le prix du meilleur goût des bananes et ananas, décerné par la Food and Soil Association.

Carole Tawema (photo) de Karethic, a présenté des produits à base de karité issus du commerce équitable. Elle a grandi en France et n'importe que du beurre de karité du Bénin, pays d'origine de ses parents. La petite entreprise Karethic « beurre de karité »,expression consacrée française, a été fondée à la fin de ses études à Marseille en 2005 par elle-même et son amie Maguette du Sénégal. Avec en toile de fond, la double culture, l'équipe composée de sept femmes, aide les femmes du Bénin à commercialiser leurs produits à base de Karité en Europe, tout en bénéficiant de l'aide du partenaire africain Glwadysb (photo de gauche: lors d'une conférence de presse, du café éthiopien a été proposé). 

Pour plus d'info :
Informations sur le pavillon Afrique disponibles sur internet:
http://organicafricapavilion.com
 

Les présentations et le programme du Symposium peuvent être obtenus en cliquant ici

« Le guide des entreprises biologiques: comment développer des valeurs durables avec de petits exploitants » A télé décharger

04.05.2010

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