Pour les industriels alimentaires, la loi de modernisation de l'économie (
LME) n'a pas permis de
rééquilibrer les relations commerciales avec les distributeurs. Au contraire, ils estiment même que la situation empire. Les industriels de l'alimentaire se sont déjà plaints des effets de cette loi au printemps dernier, lors de la présentation du bilan 2009.
Pourtant, la LME d'août 2008 devait apaiser les relations entre distributeurs et fournisseurs dans le sens où il s'agissait de "
moraliser les pratiques du secteur", en mettant un terme aux "
marges arrière" (rétro-commissions des fournisseurs aux distributeurs) et de
favoriser la concurrence pour faire baisser les prix.
Mais
l'interprétation de la loi
reste à définir et les négociations s'annoncent particulièrement tendues. En effet, pour la troisième fois depuis la promulgation de la loi, les deux parties vont négocier les contrats annuels qui les lieront à partir du 1er mars. La première année, une partie des distributeurs a appliqué la loi, mais constatant que les autres n'étaient
pas sanctionnés, "tout le monde a dérivé tranquillement" l'année dernière, a estimé
Jean-René Buisson, président de l'Association nationale des industries alimentaires (
ANIA), lors d'une
conférence organisée par le magazine
LSA les 7 et 8 octobre dernier.
De son côté, le secrétaire d'Etat au Commerce,
Hervé Novelli, compte sur la justice : l'année dernière, il a assigné neuf distributeurs pour des clauses présumées abusives dans leurs contrats. Entre-temps, la
DGCCRF a identifié d'autres pratiques considérées illicites, et le gouvernement a convaincu la grande distribution, sauf
Leclerc, de s'engager à y renoncer ou à les clarifier, évitant ainsi de nouvelles assignations.
Cette année, les hausses de prix des matières premières "...ne sont pas propices à des discussions sereines", selon
Olivier Humeau, directeur général de
Nielsen. "On n'est pas contre les hausses de tarifs, mais contre le fait que certains utilisent la conjoncture pour passer des hausses injustifiées", affirme
Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (
FCD), appelant à être attentif aux PME.
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