Plan de lutte contre les marées vertes : la Bio n’est pas citée

Source: Les Verts

 

Les Verts dénoncent le "manque d'ambition des mesures proposées" dans le "Plan de lutte contre les algues vertes" présenté par le ministre Bruno Le Maire le 9 février dernier. Dans leur communiqué de presse, les Verts estiment que ces mesures ne font que "corriger les effets les plus dramatiques d'une politique agricole ultra-intensive qui étouffe les territoires bretons, sans s'attaquer aucunement aux causes globales du phénomène".

Dans ce plan, le gouvernement admet que l’agriculture est la cause principale du problème : « Aujourd’hui, l'azote apparaît comme le facteur limitant à privilégier pour lutter contre ces proliférations. Toutes les sources de nitrates, urbaines et rurales, doivent donc contribuer à la maîtrise des flux azotés. Toutefois, les sources agricoles sont largement prépondérantes. ». Mais curieusement, le gouvernement estime qu’il y a un manque de connaissances : « Bien que la mise en équation du phénomène de proliférations algales reste difficile et que les connaissances sont encore insuffisantes pour bien cerner l'ampleur des actions à mener, il est indispensable d'oeuvrer d'ores et déjà vers une réduction des flux de nitrates. »

Dans tous les cas, l’agriculture biologique ne semble pas être une mesure prioritaire, puisque ce terme n’apparaît nulle part dans ce plan de 134 millions d'euros sur cinq ans. Sous le chapitre « Les actions préventives » on peut juste lire :
« Le plan d’action s’inscrit clairement dans un objectif de maintien de l’activité agricole en Bretagne et notamment dans les zones concernées par le phénomène des algues vertes. D'importants efforts ont déjà été entrepris. Toutefois, l'inertie des milieux ne permet pas toujours d'en mesurer l'ampleur. Dans le même temps, l'agriculture ne peut ignorer sa part de responsabilité historique dans l’état de la ressource, ainsi que les nombreux contentieux et conflits d’usage liés à la qualité de l’eau en Bretagne ou aux nuisances induites par les activités d'élevage. … Ces mesures [novatrices, NDLR] sont la condition de la pérennité de l’activité agricole dans les zones les plus sensibles du point de vue de l’environnement. Simultanément, bien que les flux d'azote en provenance des rejets domestiques et industriels soient très faibles au regard des flux d'origine agricole, l'Etat veillera au bon fonctionnement des stations d'épuration tant des eaux usées domestiques qu’industrielles. »

Selon les Verts, la disparition "réelle et durable" des algues vertes nécessite notamment "…une application enfin stricte et sincère des réglementations européennes et françaises", "un plan pluriannuel de reconversion des élevages hors-sols (porcs et volailles) vers des pratiques plus durables (porcs sur paille, plein-air ou biologique; volailles de qualité ou biologiques), pour permettre aux éleveurs de vivre décemment de leur métier".

Le président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian (PS), a estimé que le plan gouvernemental de lutte contre les algues vertes allait "dans le bon sens" sur certains points et que la région était prête à l'accompagner sous certaines conditions : "Il y a des points qui vont dans le bon sens" mais d'autres "restent à approfondir et nous sommes prêts à le faire ensemble" avec "des conditions", a déclaré M.
En savoir plus : Le communiqué de presse des Verts et le plan de lutte contre les algues vertes du Ministère.

25.02.2010

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