Association de défense créée il y a une dizaine d’année, ‘Accord bio’ est ensuite devenu un groupement d’achat qui réunit maintenant 67 magasins. Le volume d’affaires avoisine 60 millions d’Euros. Michel Noble de ‘Bio Béarn’ est le président de Accord Bio. « Nos adhérents sont situés sur toute la France, en particulier sur la façade atlantique. Ce sont tous des magasins indépendants, dont des anciens de Biocoop, comme nous».
Accord Bio agit en fait comme une centrale de référencement. Elle sélectionne les fournisseurs afin de pouvoir obtenir des conditions plus avantageuses. Outre le volume d’achat qu’elle leur garantit, Accord bio peut aider ses fournisseurs à mettre en avant des produits ou à faire des animations. Par ailleurs, l’association gère un stock tampon via trois entrepôts : Albi, Toulouse et un nouveau, de 450 m² qui ouvre à Billère, près de Pau, en octobre.
La cotisation des magasins est modeste : 100 euros par an. C’est peu, car ce sont les adhérents eux-mêmes qui font fonctionner l’association en travaillant bénévolement (système du « tiers temps »). Par ailleurs, l’association ne faisant pas de bénéfices, les éventuelles remises annuelles sur chiffre d’affaires leurs sont rétrocédées en fin d’année.
Militant de la première heure, Michel Noble se dit être actuellement préoccupé par le manque de rigueur du nouveau cahier des charges européen. « Cela risque de tuer le logo français AB ». Il prend pour exemple les OGM : « les consommateurs veulent des produits exempts d’OGM alors que le cahier des charges européens en accepte de fait un seuil de 0,9 %». Il se demande s’il ne serait pas nécessaire d’établir un nouveau cahier des charges du type de celui de ‘Nature et Progrès’. Mais cela conduirait à intégrer toute la chaîne logistique, à entrer dans une logique de "massification, comme la grande distribution"!
Il cite comme source autre d’inquiétude l’arrivée des investisseurs issus de la grande distribution qui ouvrent des commerces spécialisés. Ou bien les accords d’exclusivité comme entre Pomona et Pro Natura, qui reste un fournisseur « incontournable » dans les fruits et légumes frais.
Le magasin Bio Bigorre, 250 m², basé à Tarbes, est en voie d’être racheté par Bio Bean. Patricia Larqué reste directrice du magasin Bio Bigorre qui sera entièrement rénové. Fondé en 1992 par Francine et Michel Noble, Bio Béarn compte maintenant trois points de vente à Pau, où il est leader, et un à Tarbes.