Luc Guyau à la FAO: un choix discuté

Source: JDD

 

Après l'élection, dimanche dernier, de Luc Guyau à la tête du Conseil de l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le journal du développement durable (JDD) s'interroge sur la nomination du président des Chambres d'agriculture françaises et ancien président de la FNSEA.

A la tête du Conseil de la FAO, instance qui réunit 49 Etats membres, Luc Guyau travaillera aux côtés de Jacques Diouf, directeur-général de la FAO. "Ce n'est pas un poste crucial mais dans le cadre de la redynamisation souhaitée de la FAO, c'est un poste qui peut potentiellement devenir important", a expliqué au JDD.fr Ambroise Mazal, chargé de mission Souveraineté alimentaire au CCFD-Terre solidaire, principale ONG de développement en France. Mais la nomination de l'ancien président de la FNSEA ne fait pas forcément l'unanimité.

"Ce n'est pas forcément un très bon signe par rapport aux pays du Sud", estime Mazal, rappelant la politique défensive de la FNSEA sur les questions des restitutions à l'exportation, qui a, selon lui, "affecté les petits producteurs du reste du monde". La FNSEA, notamment à l'époque Guyau, "est restée très longtemps attachée à un modèle productiviste de l'agriculture. Or, celui-ci doit être remis en cause, notamment en raison du changement climatique", analyse-t-il. Le spécialiste des questions alimentaires au CCFD estime toutefois que Luc Guyau était "le meilleur des trois candidats". Selon lui, "Luc Guyau est un homme dynamique et intelligent qui peut faire bouger les choses".

Pour Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, "c'est un peu curieux que l'on nomme Monsieur Guyau, qui fut un grand défenseur de la vocation exportatrice de la France". "C'était l'idée selon laquelle la France devait nourrir le monde, quand on défend aujourd'hui le droit des pays à se nourrir eux-mêmes", rappelle le porte-parole du syndicat situé aux antipodes de la FNSEA. "Il y a donc une différence assez nette entre les discours de Luc Guyau pendant de nombreuses années et les vertus dont il se pare aujourd'hui", a-t-il confié au JDD.fr, avant d'ajouter: "Mais seuls les imbéciles ne changent pas d'avis."

De son côté, l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA) se félicite de cette nomination. "En élisant un agriculteur, les 190 pays membres ont marqué leur reconnaissance à l'égard des agriculteurs qui contribuent à assurer une offre alimentaire suffisante et, par là même, à relever le défi de la sécurité alimentaire mondiale".
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29.10.2010

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