Réduction des pesticides: la Bio n'est pas la seule voie

Source: INRA

 

Mesure phare du Grenelle de l'environnement, la réduction des pesticides a été actée avec « si possible », une baisse de 50 % de leur usage dans les dix ans. Une étude de l'INRA publiée fin janvier montre que des marges de progrès importantes sont effectivement réalisables mais qu'une cible de - 30% paraît plus réaliste. Cette réduction serait possible avec des changements de pratiques agricoles substantiels, sans pour autant bouleverser les systèmes de production en place.
C'est en tout cas un des résultats de l'étude « Ecophyto R&D » menée par l'INRA dans le cadre du plan « Ecophyto 2018 », deux ans après le Grenelle de l'environnement. Avec 76.000 tonnes de substances actives vendues par an, la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le troisième au niveau mondial. En 2007, selon le MDRGF (Mouvement pour les droits et le respect des générations futures), 52,1 % des fruits et légumes (contre 45 % en 2006) contenaient des résidus de pesticides en France.

"En grandes cultures, qui représentent la majorité des surfaces et de l'utilisation des pesticides, les marges seraient peu ou pas touchées …, mais une baisse de production d'environ 6% serait observée", précise l’INRA. Quatre types de pratiques ont été étudiées : raisonnée (selon les recommandations des avertissements agricoles), protection intégrée (combinaisons de mesures agronomiques prophylactiques), production intégrée (protection intégrée associée à un raisonnement des successions de cultures) et agriculture biologique. L'étude montre qu'il est possible de réduire de 37 à 62 % le recours aux pesticides en augmentant la marge brute mais en diminuant les rendements de 10-20 %. Cela passerait par un ''retour à l'agronomie'' : travail sur la date et la densité du semis, le choix variétal, la rotations longues des cultures… bref, par les principes de production de l’agriculture biologique.
Finalement, l'étude conclut que la généralisation de la protection raisonnée ne permettrait pas une réduction substantielle du recours aux substances actives.
Lire le rapport sur le site de l'INRA.

11.02.2010

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