L'Eco-hôtel d'Yves Rocher

Auteur: Kai Kreuzer

Yves Rocher, le fondateur de la marque, est décédé fin décembre 2009 à l'âge de 79 ans, des suites d'un accident vasculaire cérébral. Il laisse derrière lui un empire économique qui pèse deux milliards d'euros par an. Ce que beaucoup ignorent c'est qu'il y a au siège de la société en Bretagne, à La Gacilly, 44 hectares de cultures bio dédiées aux plantes. Depuis avril 2009, il existe au même endroit un hôtel écologique exemplaire dirigé par son fils Jacques Rocher. Biomarché.Info s'est rendu sur place et s'est entretenu avec le directeur de l'établissement, Idesbald Linossier. (Photo : Idesbald Linossier le directeur, au bar de l'hôtel)

 

« La marque Yves Rocher attire chaque année des milliers de visiteurs en Bretagne » se félicite Idesbald Linossier (32 ans). Peu de temps après l'ouverture de l'hôtel nous avions déjà la visite d'un groupe de 27 journalistes chinois. Le complexe hôtelier à l'allure moderne qui a été inauguré le 27 avril 2009, est construit dans l'esprit écologique; il est situé à flanc de colline, à environ un kilomètre de la localité, et comprend outre un centre de séminaire avec salle de projection vidéo, un atelier de parfums. De l'extérieur on ne se rend pas bien compte de la grandeur des trois bâtiments juxtaposés, en raison de la présence de toitures végétales sur deux des bâtiments offrant de ce fait un écran de verdure à l'ensemble. Dans le bâtiment principal on y trouve un restaurant gastronomique qui n'utilise que des produits bio, et un Spa. De la terrasse du restaurant et de la piscine, on jouit d'une vue magnifique sur la vallée et les collines bretonnes environnantes.
 

« 90 % de nos achats proviennent de la région, dans un rayon de 20km; 80 % de nos produits sont d'origine bio » nous explique Idesbald Linossier. Le restaurant est à la disposition des clients le matin pour le petit déjeuner ; il est également ouvert aux personnes de l'extérieur pour le déjeuner ou le dîner. La carte offre des menus à trois plats pour 35 euros; les ingrédients sont de qualité, on peut se régaler d'un carpaccio de saumon, de légumes croquants du jardin et ses fines herbes , d'une épaule d'agneau, ou de gaspacho.
 

L'hôtel dispose de 29 chambres toutes aménagées avec goût, et de 58 lits. Les murs des salles de bains (photo) sont habillés de schistes et les sols sont recouverts de parquet. Linge de toilette, et linge de lit ne sont pas encore en coton bio, mais ils répondent aux normes« Oeko- tex » 100 ou plutôt 1000 pour ce qui est des serviettes de toilette. Le shampoing mis à la disposition des clients porte la certification Ecocert.
 
« Nous économisons beaucoup d'énergie, et nous nous investissons totalement dans les énergies renouvelables » selon I. Linossier. Il fait allusion à l'installation de chauffage (photo) toute bardée de bois et à la pompe à chaleur. Une citerne d'eau de pluie de 160 m2 sert en cas d'incendie et pour l'arrosage du potager attenant. Du restaurant, le client a la vue sur le potager et les légumes qu'il est susceptible de retrouver dans son assiette. « Nous voulions que nos clients sachent d'où proviennent les baies, les légumes et les fines herbes  que nous mettons dans nos assiettes ». La qualité des produits c'est le « b. a. ba » d'une cuisine gastronomique qui doit flatter les palais les plus exigeants. « Nous ne voulons pas seulement encourager la production de cultures biologiques, mais également nous engager dans le développement durable » selon I. Linossier. L'électricité est certes fournie par EDF, mais c'est de l'énergie verte. « C'est la raison pour laquelle nous payons environ 20 % de plus » nous explique le directeur.
 

De la magnifique piscine intérieure (photo) on jouit d'une vue splendide sur le paysage aux alentours. Dans les vestiaires il y a de très belles photos aux murs. Comme partout, aussi bien à l'hôtel qu'à l'espace sauna et bien-être, les couleurs nature dominent aux murs et aux sols.     L'utilisation du bois, de la pierre naturelle et du blanc donne une atmosphère naturelle que seules les couleurs vives des tableaux aux murs, vient contraster. Jacques Rocher (52 ans) ayant travaillé de nombreuses années en Afrique, a affiché aussi quelques images de la pauvreté dans le monde. Dans l'une des chambres, l'on trouve le livre qu'il a écrit et intitulé « Ma terre est une femme » en référence à cette pauvreté. Il y décrit l'interdépendance de l'économique et de l'écologique sur fond de protection de l'environnement et de développement durable.


A l'entrée du Spa (photo) on trouve quelques étagères avec des produits cosmétiques bio Yves Rocher. Il y a quelques années, il a cherché à développer le secteur et à l'heure actuelle une centaine d'articles sont certifiés Ecocert. Ils sont diffusés essentiellement par le biais de la VPC et des boutiques qui portent son nom.
 

Que le slogan d'Yves Rocher « Nous sommes les créateurs de la cosmétique végétale » soit bien fondé ou pas, ne fera pas l'objet d'un débat ici. Aux dires de l'entreprise, il n'y a jamais eu de tests de cosmétologie effectués sur des animaux, et depuis 1977 on mise tout sur les plantes. Beaucoup de produits traditionnels chez Yves Rocher ont toujours contenu des plantes comme matière première. A La Gacilly, le musée des plantes qui a été crée dans les années 90 et auquel on a adjoint un jardin botanique, était à l'époque unique en son genre. « Le
Végétarium » a été entièrement rénové  et ré ouvert récemment au public.

La marque Yves Rocher se vend dans le monde entier à environ 30 millions de clientes et clients. Elle est encore au jour d'aujourd'hui n°1 dans le domaine des soins du visage et des instituts de beauté dans certaines régions de France, de Belgique ou d'Allemagne. Yves Rocher c'est un marché de 80 pays, 4000 salariés en Bretagne et quelques 15.000 collaborateurs à travers le monde.
 
C'est par le « livre vert de la beauté » que tout a commencé lorsque la société a été créée en 1959. Il a été l'un des tout premiers catalogues   permettant à la clientèle de faire son choix par correspondance. Bris Rocher, le petit-fils (31 ans) du fondateur, dirige maintenant le groupe familial dont il est devenu vice-président, depuis 2007. Dans le giron du groupe il y a une trentaine de marques dont Daniel Jouvance, Kiotis, et Petit Bateau.

M. Rocher a crée aussi un prix international destiné exclusivement aux femmes, qui agissent pour la protection de l'environnement. « Elles sont capables de s'investir à long terme et de jouer le jeu » nous a t-il dit. Ont été ainsi distinguées et récompensées par exemple des femmes  militant pour des fours solaires à Madagascar; ou pour la labellisation de crèches écologiques en France.
 

Que tous ceux qui envisagent de séjourner en Bretagne, passent au moins une nuit dans cet hôtel qui sort de l'ordinaire. Il n'est certes pas donné, mais il en vaut la peine.

Pour plus d'info : www.lagreedeslandes.com

09.04.2010

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