Auteur: Kai Kreuzer
Le choc a été rude lorsque dans la nuit du 9 février 2010 un incendie a entièrement détruit l' entrepôt nouveau du grossiste en produits biologiques Claus-Pural à Baden-Baden. Passée cette épouvantable épreuve, il a fallu reconstruire au plus vite, ce qui paraissait comme une évidence. Tous les gravats ont été triés en à peine deux mois. Dans l' intervalle, il ne manquait plus que le permis de construire pour que les travaux puissent commencer. (Photo : L'aile administrative tout comme le bureau d'Ulrike Claus ont pu être terminés à Pâques.)
« Tous les clients ont pu être livrés depuis l' incendie ; la marchandise est de nouveau disponible, et la qualité de l' approvisionnement augmente de jour en jour » se réjouit Ulrike Claus devant les progrès accomplis en peu de temps. Tout est revenu rapidement à la normale grâce aux efforts et au sens de l' organisation des employés et de la direction, mais aussi grâce au facteur chance. Le traumatisme de début février était pourtant encore bien présent.
« J' ai été alertée par le bruit des pneus de camion en train d' exploser » nous explique Ulrike Claus qui habite dans la localité non loin de l' entrepôt. « Cétait comme si une guerre avait éclaté » explique cette femme de 45 ans. Un vrai cauchemar ! « En l' espace de 20 minutes, le feu s'est propagé sur le toit de l' entrepôt » nous dit d' un ton résigné Heinz Claus, senior chef de l'entreprise.
360 pompiers ont été mobilisés in fine, mais force a été de constater qu' ils ne pouvaient que laisser le feu brûler jusqu' au bout « C'est là que tout s' est écroulé autour de moi » se souvient Heinz Claus. Pourtant au début, qu' un seul camion était en feu avant que tous les autres ne soient touchés à leur tour.
Mais les collaborateurs et les clients de Claus-Plural ont vite transformé cette catastrophe en un élan de courage et de solidarité. Les employés se sont installés dans l' aile de l' ancien bâtiment où siège le département de Puraliment desservant le marché français. Ils se sont regroupés en se serrant (photo) ; trois à quatre personnes se partagent un même bureau à l' heure actuelle. Au sol gisent des dossiers, il y a des ordinateurs partout ; s' y frayer un chemin est difficile. Cependant l' ambiance qui y règne est bonne, et la volonté de s' en sortir est restée intacte. (Photo de droite : les employées un peu à l' étroit).
En même temps, trois évènements sont arrivés au bon moment et ont quelque peu sauvé la situation. Le lendemain de l' incendie le grossiste a pu trouver et louer un entrepôt vide de 8000 m² (photo) dans la localité voisine, à cinq kilomètres de Baden-Baden Sandweier. Au même moment l' administrateur judiciaire de Vitalia était chargé de liquider l' inventaire du grossiste Ökonova. Claus-Pural a donc pu acheter dans des conditions très avantageuses, de grandes structures de stockage, des chariots élévateurs, des lecteurs de codes barres pour la préparation des commandes, etc. Tout cet équipement a été chargé en peu de temps dans un camion en Bavière, direction l' entrepôt à Baden-Baden.
C' est ainsi que rapidement, l' entrepôt fraîchement loué, est devenu opérationnel, même si tout n' était pas encore parfait au niveau de la préparation des commandes. Il y a deux fois plus de place dans l' entrepôt provisoire que dans l' ancien, il ne manque qu' une connection internet haut débit. (Photo de droite et de gauche, l' entrepôt loué jusqu'au mois d'août.)
Il ne restait plus qu' à régler la question de l' approvisionnement en marchandises. Alors que le marché français n' était pas affecté par des soucis d' approvisionnement, le marché allemand lui s' en est ressenti. La disponibilité de la marchandise avait baissé de 30 % car tout avait brûlé dans l' entrepôt. Claus-Pural a pu effectuer les livraisons à partir de l' entrepôt à Gilching près de Munich. En effet, un an auparavant, Claus-Pural a eu l'occasion de racheter la société Richter, le grossiste en produits diététiques local. « Nous étions très soulagés de pouvoir effectuer une partie des livraisons qui auraient dû partir de Baden-Baden », selon Heinz Claus. Là-bas, nous disposons d' un entrepôt de 2000 m², de beaucoup de surface, et de huit camions. Nous sommes en train d' acquérir deux autres camions neufs, dont un avec une plus grande capacité. Début mars, la marchandise était à nouveau disponible à 98 %. (Photo de gauche : Ulrike Claus avec son père Heinz Claus.)
Le chiffre d'affaires est entre temps redevenu stable, grâce à l' immense solidarité des détaillants. « Nous sommes très reconnaissants envers nos fournisseurs et nos clients », nous dit M.Claus. Beaucoup d' appels téléphoniques et de mails lui sont parvenus après l' incendie. Ce qui lui a donné la force de repartir tout de suite. A la mi-avril une fois les locaux nettoyés en profondeur, on pourra se resservir de l'aile administrative. Il reste peu de traces de l'incendie, hormis une couche de suie, une forte odeur de brulé et quelques vitres brisées. Même la construction du bâtiment approche. « Si tout se passe bien nous pourrons redémarrer en août » se réjouit Ulrike Claus. L' entrepôt temporaire est loué de toute façon jusqu' au mois d' août. (Photo : ce qui est encore récupérable et utilisable est vérifié.)
23.04.2010