TP Organics s'investit plus dans la recherche bio

Auteur: Kai Kreuzer

Depuis plus de deux ans, un lobby travaillant à Bruxelles loin de toute agitation médiatique, réunit différents groupes régionaux de l'IFOAM, des associations d'agriculteurs bio, des structures de recherche et des entreprises bio. A l'image d'autres groupes de pression qui essaient de se faire entendre dans la capitale de l'Union Européenne, TP Organics (plate-forme technologique pour l'alimentation et l'agriculture biologiques) s'engage à défendre les intérêts de la communauté bio, et de représenter celle-ci auprès de la Commission Européenne. Réunir plus de moyens financiers pour la recherche, telle est la démarche de Marco Schlüter (IFOAM-Europe) et d'Eduardo Cuoco, le coordinateur. (Photo :  Marco Schlüter à gauche, Eduardo Cuoco)

 

Il existe au sein de l'Union Européenne 36 plates-formes technologiques (structures réunissant des organisations du secteur public et privé) qui bénéficient déjà de la reconnaissance officielle de la Commission; TP0 pour l'appeler par son sigle en fait partie. Ces plates-formes s'ocupent de recherche en matière d'OGM, de construction navale et de transport par voie fluviale ou maritime, du secteur du BTP, de nanotechnologies, de la sécurité des produits industriels et bien d'autres choses. Et surprise : il y a même une plate-forme technologique qui s'occupe du „développement durable“ !! de l'énergie atomique. Elles ont pour objectif de réunir à l'intérieur d'un même secteur, des critères identiques permettant de faciliter la recherche et de les présenter en fonction de leurs priorités, aux différents services de la Commission. (Photo de gauche : Peter Melchett de la Soil Association tient à la main un rapport de recherche sur l'agriculture écologique et le changement climatique)

TP Organics a démarré en France en 2007 dans le cadre d'un „Vision Camp“ (camp de réflexion sur l'avenir du secteur) signale Eduardo Cuoco, d'origine napolitaine. Ce jeune homme de 29 ans qui travaille depuis dix ans dans le secteur de la bio, était autrefois employé chez AIAB, l'Association italienne pour l'agriculture bio, et ICEA, un organisme de certification. Il coordonne à temps plein, depuis juin 2008 l'intégralité des activités de la plate-forme écologique. Cette dernière regroupe à l'heure actuelle une vingtaine d'organisations européennes membres (à l'image de FQH Isofar, AoeL, Genet et Bird Life, ainsi que bien d'autres comme Lebensbaum, Allos, Ariza/Pays-Bas, Brio/Italie, Ökoland, Märkisches Landbrot, O!eko/Pologne). Dans le cadre du programme de développement national de l'agriculture écologique en Allemagne, TP Organics bénéficie du soutien financier des autorités administratives, de la Zukunftsstiftung Landwirtschaft („Fondation pour l'Agriculture du Futur“), ainsi que de la Software Stiftung (Fondation reconnue d'utilité publique créée par le Dr.Peter Schnell).
 

En 2010, il est question qu'un programme d'action soit entrepris à l'échelon européen. Le groupe de pression a décidé de se faire entendre au cours d'une conférence lors du salon Biofach (Assessing and methodology for organic agriculture – Evaluation des technologies et méthodologie applicables à l'agriculture biologique), le 17 février de 16h à 18 heures.
 

Le 2 décembre 2009, TP Organics (TPO) a tenu une réunion très instructive à la Commission Européenne à Bruxelles. Maive Rute, directrice de la Direction Alimentation, Agriculture, Pêche et Biotechnologie (DG de la Recherche), a déclaré que ce que TPO faisait était „très utile et d'un grand intérêt. 50 % de denrées alimentaires vont devoir être produites en plus dans les années à venir; reste à voir comment le secteur agricole primaire peut contribuer à atténuer les effets du réchauffement climatique, et offrir plus de sécurité alimentaire. TP Organics dispose déjà dans un reader (lecteur électronique de documents) de plusieurs projets et solutions au changement climatique, à la réduction du CO2, à la protection de l'eau, au développement rural, ou à la synergie entre ville et agriculture bio. (Photo de droite : il y avait 47 participants à la réunion de TP Organics début décembre à Bruxelles)

Jean François Hulot (au milieu sur la photo) responsable de l'agriculture biologique à la DG Agriculture et Développement Rural, a souligné qu'il y avait déjà pas mal d'idées de lancées, mais qu'il fallait cependant „ établir des priorités et créer un fil conducteur afin de pouvoir mettre sur pied une stratégie commune“. Il a pris l'exemple du vin, et précisé „nous sommes très heureux d'avoir pu disposer des informations véhiculées par le projet ORWine (projet UE qui concerne le développement de méthodes de production favorables à l'environnement et au consommateur, et l'établissement de standards européens pour la vinification biologique); celui-ci nous a permis d'établir les directives appropriées sur le vin. C'est ce dont nous avons besoin à la base pour prendre une décision“.

Même la commissaire sortante chargée de l'agriculture, Mme Fischer Boel, s'est prononcée nettement en faveur de la plate-forme. M. Hulot s'est dit persuadé que la nouvelle commission qui prendrait ses fonctions dans quelques semaines, tiendrait compte des recommandations formulées par TP Organics. Les tâches qu'il entrevoit dans l'avenir concernent par exemple l'élaboration de consignes dans le domaine de l'utilisation de l'eau, et de la consommation d'énergie par l'agriculture. (A droite sur la photo : Christpher Stopes, le nouveau président de l'IFOAM-Europe)


Selon Alex Beck du groupement des producteurs allemands AoeL, “ l'équipe de TP Organics de par ses recommandations stratégiques, a soumis des propositions visionnaires“. „les contributions remarquables concernant la protection du climat et la biodiversité des cultures écologiques doivent être détaillées pour que l'on puisse prendre des mesures en conséquence“.
 

„Les recommandations issues du rapport de recherche contiennent des projets bien précis que l'on peut utiliser pour développer le concept de qualité bio et pour qu'à l'avenir on sache encore mieux ce qu'il faut mettre au point pour apporter à la population la nourriture dont elle a besoin au plan santé“. Les questions essentielles que se pose le secteur de la bio sur leur viabilité dans le futur, se trouvent consignées dans un document sous forme de contrats de recherche. (Photo : Alexander Beck représentant l'association de producteurs écologiques AoeL, ici à Bruxelles)

Otto Schmid (photo) de l'Institut de Recherche de l'agriculture biologique (FibL), le pilier du soutien à TP Organics, s'est réjouit des conclusions du document de 116 pages „Strategic Research Agenda for organic food and farming „ („Agenda stratégique de recherche pour l'alimentation et l'agriculture biologiques“); ce dernier a été présenté à Biofach, le samedi 20 février 2010 de 13h à 14h Salle Budapest. „nous nous sommes déjà prononcés sur notre vision de l'agriculture et de l'alimentation bio, en juin 2008 avec une projection à l'horizon 2025“. „A cette occasion, nous avions défini trois thèmes majeurs pour lesquels l'apport de la recherche au développement du secteur de la bio, nous paraissait  essentiel, à savoir“ :
 

1)Renforcer les zones rurales
2)Renforcer et sécuriser la production alimentaire sur le mode bio, et instaurer un éco-système stable
3)Fournir une alimentation saine et de meilleure qualité
 

Pour plus d'info : TP Organics

Contact : Eduardo Cuoco, c/o IFOAM-EU-Group, Rue du Commerce 124, 1000 Bruxelles, Belgique Tel. 0032 22 80 68 44
 

12.03.2010

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