Etude: „le marché japonais est mûr pour le bio“

Auteur: Karin Heinze

Le Japon réunit toutes les conditions et le potentiel qu'il faut pour développer rapidement le marché domestique des produits biologiques. Telles sont les conclusions d'une importante étude réalisée pour analyser le marché bio japonais , étude menée conjointement par ABC Enterprises avec l'IFOAM Japon (IFJ) ainsi que d'autres experts, dans le cadre du projet 'Organic Market Research Project' (OMR). Intitulée „Japanese Organic Market 2010-2011“, l'étude publiée en anglais présente, parmi d'autres points, le système de distribution japonais, le comportement des consommateurs, ainsi que la coopération existante entre les agriculteurs, les fabricants de produits transformés, les distributeurs, les instances administratives et les chercheurs. L'étude peut être obtenue auprès de Bio-Marché.Info. (Photo : Biofach au Parc des Expositions à Tokyo)

 

Le Japon bénéficie d'une longue tradition tant dans le domaine de l'agriculture biologique que dans celle de la distribution de produits biologiques. Le label «bio JAS» et les normes sous-jacentes basées sur la réglementation européenne, ont été appliquées dans le pays en 2001, mais l'agriculture biologique et la distribution de produits bio étaient déjà pratiquées bien avant. La demande pour les produits bio n'a cependant pas été aussi forte et dynamique que celle qui s'est développée à l'ouest. L'étude évalue le marché bio à environ 1,3 milliard de dollars US soit 1 % de l'ensemble des dépenses alimentaires du pays. Mise à part la Chine, le Japon demeure toujours le plus gros marché bio en Asie. L'un des éléments importants dans le système de distribution au Japon tout comme en Chine, réside dans la „Green Food“ issue d'un mode de production intégré (moins de pesticides et d'intrants chimiques). Ce marché est approximativement quatre fois plus important en volume et pèse environ 5,2 milliards de dollars US. Beaucoup de consommateurs ne font pas la différence dans le détail, entre alimentation bio et alimentation verte. (Photo : Rayon légumes chez Crayonhouse)
 

Selon les experts, le marché a été freiné jusqu'à présent dans son développement par le manque de choix et de disponibilité des produits, ainsi que leur prix élevé. Qu'il s'agisse de produits importés ou de produits du pays, ils sont, à peu de chose près, trois ou quatre fois plus chers que des produits conventionnels comparables. Selon les spécialistes, cette situation ne changera que si l'industrie agro-alimentaire et les chaînes de magasins de vente au détail s'intéressent plus à la filière bio et proposent plus de choix. Ces spécialistes du marché s'accordent à dire que les premiers signes du changement sont dans l'air et qu'ils pensent que la situation ira en s'améliorant. Pour eux, les principales raisons et l'élément moteur à ce changement sont, d'une part, la prise de conscience grandissante des consommateurs concernant les questions de santé, de sécurité alimentaire, et d'autre part la provenance des produits qu'ils considèrent comme fiable. (Photo : produits bio chez Natural Lawson à Tokyo)
 

Le système de distribution des produits biologiques a déjà amorcé un changement. Il est possible de trouver des produits bio aujourd'hui dans des magasins spécialisés, souvent de petites structures, mais aussi dans des supermarchés, des chaînes de magasins d'alimentation ou des boutiques de luxe (photo). comme par exemple dans les boutiques haut de gamme Kinokuniya où l'on peut trouver plus de 200 articles bio importés ou produits au Japon. L'offre s'étend aussi de plus en plus à l'extérieur des centres-villes très fréquentés, dans des banlieues et quartiers, là où la grande majorité des femmes font leurs courses.

L'autre obstacle majeur au développement du marché bio reste la production. Sur l'ensemble des exploitations agricoles (2,84 millions), seules 0,18 % , soit environ 5000 d'entre elles, cultivent en mode biologique. Par ailleurs le label bio JAS n'est encore que trop peu connu, bien qu'un certain nombre de services du Ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche (MAFF) aient été nommés pour s'occuper de la filière. Il existe aussi depuis 2006 une loi destinée à promouvoir la filière, mais certains plans d'action sont toujours en cours. Le Ministère a néanmoins lancé l'année dernière un projet sur trois ans pour en accélérer le développement. Le but est de rapprocher plus étroitement producteurs, fabricants de produits transformés, distributeurs et consommateurs. C'est dans le cadre de ce programme que l'étude a pu être financée. Ses conclusions doivent servir non seulement à fournir aux personnes intéressées et à toutes les parties prenantes de la filière, un tableau de l'état actuel du marché mais aussi à dresser l'inventaire des mesures à prendre pour améliorer et développer celui-ci. (Photo : pas de normes pour le vin bio)
 

Il est évident que la catastrophe qui s'est produite au printemps de cette année a aussi laissé des traces sur les exploitations agricoles biologiques. La capacité d'auto-production du Japon a chuté de 40 % et le pays est plus que jamais tributaire des importations. Si le gouvernement japonais et les pays étrangers ont apporté leurs contributions, l'IFOAM Japon a mis en place des plans d'aide destinés aux agriculteurs sinistrés, à l'exemple entre autres, du „Fukushima Goro“. Le projet consiste à aider les agriculteurs à la reconstruction de leur exploitation avec l'aide de bénévoles et de spécialistes et à renforcer la coopération entre producteurs distributeurs et entreprises pour lancer une nouvelle marque bio „Fukushima Goro“.
(Photo : entre tradition et modernité)

 

Informations sur l'étude de marché récente :

Étude sectorielle : „Japanese Organic Market 2010-2011“, 170 pages, nombreux graphiques. L'analyse détaillée du mode de production, du système de distribution et du cadre règlementaire, dresse un tableau complet de ce qu'est le marché bio au Japon aujourd'hui. L'étude dont la version originale est en japonais, a été traduite en anglais; elle est agrémentée de divers articles qui se penchent entre autres sur la situation actuelle suite aux évènements tragiques récents.


Prix : EUR 580, 10 % de réduction si la commande intervient avant le 31 juillet 2011


Table des matières


Bon de commande

 

(Photo de droite : Natural Lawson à Tokyo)





(Photos de gauche à droite : Restaurant-magasin au Crayonhouse, Restaurant Crayonhouse, le Japon premier importateur de produits bio)
 

27.07.2011

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